Instagram permet de partager des photographies et vidéos d’une minute essentiellement sur smartphone. C’est un aussi un outil de réseau très utilisé  par les élèves. Facebook, Twitter n’ont pas le même attrait pour les générations actuelles d’élèves.

J’ai donc testé avec les élèves de troisième en ce début d’année l’intérêt ou non d’un prolongement du cours avec ce réseau.

La version bridée de ce WordPress ne nous permet pas d’intégrer les publications à l’article. Désolé, il vous faudra suivre les liens…

En amont j’ai annoncé que le compte Instagram (Salleduby du nom de la salle de cours) créé ne s’abonnerait à aucun élève par respect pour leur vie privée. En revanche eux se sont abonnés pour voir mes publications. Pour ne pas écarter les quelques élèves n’ayant pas de compte Instagram, les liens de mes publications sont postés dans le cahier de texte.

  • Comment ?

L’enseignant poste à l’aide de son smartphone une vidéo d’une minute reprenant un aspect du cours, une correction, des consignes de méthode…
La contrainte d »une minute exige une certaine efficacité. Mais il peut simplement joindre une image. Un commentaire est possible avec pourquoi pas un lien. Nous ne sommes pas dans une « création audio vidéo professionnelle » mais une petite vidéo simplement faite à la volée avec un smartphone. Ce qui compte est de communiquer quelques informations simples mais qui prolongent l’apprentissage de ses élèves par un media qu’ils utilisent quotidiennement.

Une image postée avec un commentaire peut aussi être partagée. De longs commentaires ne seront de toute façon pas lus.

  • Pourquoi faire ?


– revenir en vidéo sur un devoir, une notion, un prolongement du cours :
Mini révision sur l expérience totalitaire avec l’exemple de l Allemagne nazie

– partager un moment avec les élèves ciblés : cérémonie de remise du DNB, sortie, actualité dans l’établissement…
– Chant des Partisans : un chant de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale . La cérémonie citoyenne se poursuit à Baume
– Très rapide présentation de quelques documents visibles sur https://www.histoire-image.org 

Les publications sont effectuées en dehors des heures de cours en général pour éviter l’usage au sein de l’établissement.

  • Retours ?

Il est clair qu’une très (très très) grande majorité élèves plébiscitent cette démarche. Les autres niveaux ont exprimé leur désir de ce mode de fonctionnement. Mais j’ai préféré le réserver aux troisièmes, mieux équipés et plus matures.

Pour les enseignants, cela peut être qu’un outil de plus, mais bien avec des spécificités marquées qui peuvent nous intéresser. Cela reste une application liée à l’entreprise Facebook et on peut donc vouloir évidemment s’opposer au recours à de tels outils pour de multiples raisons.

L’approche ici est peu ambitieuse mais recherche l’efficacité. Une publication simple et rapide avec un objectif clair à transmettre directement aux élèves. L’éducation aux médias, l’identité numérique sont évidement abordées avec les élèves lors de la mise en place du réseau.

Il ne faut pas attendre des commentaires à priori. Les adolescents font passer les vidéos et images très vite en les « likant ». Mais commenter reste exceptionnel.

– lien vers un Petit challenge 🥇🥈

En postant une image d’un tableau d’Otto Dix « Le marchand d’allumettes » sans en préciser l’auteur, les élèves ont facilement reconnu l’artiste. En reparler en cours leur a été naturel le lendemain.

  • Conclusion

Les retours en classe sont perceptibles. Le temps consacré est rapide si on fait le deuil de vouloir réaliser une production parfaite. L’efficacité prime. S’ajoute un aspect temporel : la publication n’a une actualité que sur un temps réduit. Il faut vraiment « cibler ».

Cette démarche est perçue comme un accompagnement simple et rapide. Le fait que cela soit personnalisé (retour sur des copies d’élèves, rappel sur le cours…par l’enseignant même de la classe) ajoute une valeur, un lien et un intérêt. L’attrait vient de la « forme », mais à l’enseignant de piloter la dose de « fond » à faire passer. Une vidéo mieux faite mais impersonnelle n’aurait pas le même impact pour certains.

Le choix d’Instagram permet de toucher facilement les élèves car c’est un outil numérique dont l’actuelle génération est friande. Dans quelques années, ce sera un autre outil voire une autre façon de faire. La démarche en revanche est hors-sol et ne dépend pas d’un seul outil. Libre à chacun de trouver sa voie. Cet article vise à montre un exemple d’usage du numérique parmi tant d’autres façon de faire.
L’ENT n’est pas oublié pour autant. Les liens vers les post instagram y sont déposés. C’est donc juste un prolongement et non l’outil miracle. On se saisit simplement d’une « pratique élève ».

Le but est de partager pour accompagner les élèves dans leur apprentissage. C’est un début d’expérimentation et de nouvelles pistes d’usage viendront sûrement. Mes élèves et moi-même en sommes plutôt satisfaits pour l’instant.

 

  • Prolongement :

Article de Canope25 sur « les réseaux sociaux, des outils au service de l’apprentissage »  par Bertrand Formet

Jean-Pierre Costille expérimente lui aussi en lycée cette démarche : lien vers son compte